3 jours pour expérimenter

Fin septembre, une communauté scientifique s’est réunie à Beauport. Ni colloque, ni assemblée scientifique cultivant l’entre-soi, Sciences Friction est conçu comme un temps convivial aux formes étonnantes.


Journée 1 :
Arpenter le domaine et les paysage de Beauport

« L’interdisciplinarité de la communauté scientifique réunie à l’abbaye de Beauport invente ses outils d’intermédiation » :

Le paysage se situe bien au croisement des interactions entre société, espaces et milieux. Comme tout objet-frontière, il forme un support d’expression des différents points de vue. Cette première journée était conçue comme une randonnée inspirante, un arpentage avec une large place laissée au sensible.

L’objectif de cette première journée était d’enrichir les problématiques de Sciences Friction en appréhendant matériellement la complexité des questionnements scientifiques et des facteurs socio-environnementaux. Il s’agissait aussi de questionner des bases d’un futur plan de gestion expérimental du domaine naturel.

La restitution de cette randonnée inspirante prendra la forme d’un rouleau de paysage réalisé par Alice Freytet. Paysagiste et dessinatrice émérite, elle a déroulé ses rouleaux de dessin en marchant pour représenter sur le mode sensible les questionnements sur le lien entre l’Homme, le territoire qu’il habite et la nature qui l’entoure. Un véritable témoin d’expérience et outil de communication qui donnera à voir les questions scientifiques abordées.

 


Journée 2 :
Du procès d’une théorie à la boîte à outils ?

Nourrir les questions de société du regard du scientifique, interpeller les pratiques, les normes, et développer pour cela des formes de dialogues entre chercheurs, tel était le premier objet de cette journée, dont le sujet avait commencé à se dessiner dès la veille.

Le questionnement des incidences techniques liées à l’ingénierie ou à la place de l’expert, comme l’acuité et l’accumulation des crises environnementales, ouvrent chacune à leur manière des perspectives de dialogue que le chercheur installe avec le reste de la société. Le samedi après-midi a aussi été le temps de collaboration avec des élus, aménageurs, gestionnaires d’espaces naturels et doctorants.

Sciences Friction propose d’expérimenter un croisement entre le procès d’une théorie et un FabLab. Le but ? Nourrir et faire évoluer les questionnements scientifiques autant que les pratiques de gestion et les positionnements sociétaux vis-à-vis des espaces naturels. Le principe : échanges en équivalence, controverses, enrichissements, le tout dans la bonne humeur !

Le résultat a notamment permis de contribuer au comité des Sciences Fricteurs du lendemain et cerner le potentiel de retour d’expérience et de reproductibilité du processus.

 


Journée 3 :
Le premier comité des Sciences fricteurs

Fort des échanges et travaux des deux journées précédentes, la troisième journée a débuté par la préparation du premier comité des Sciences Fricteurs. Il s’agissait d’une rencontre au sommet, tout d’abord à huis clos et en confidentialité, puis avec un temps ouvert au public.

Dans ce comité, les scientifiques fondateurs et ceux invités pour l’édition 2017 ont rencontré des décideurs nationaux : députés, directeurs et présidents de collectivités, etc. pour présenter le résultat des réflexion directement liées aux enjeux sociétaux, dialoguer, alerter et ouvrir des pistes concrètes.

Le Comité des Sciences Fricteurs est comme un premier bilan des rencontres annuelles de Beauport. Moment fort de l’édition, il a vocation à s’inscrire dans le temps et à marquer l’année qui suivra de sa trace.